Ban Ki-moon croit que Donald Trump ne remettra pas en cause l'accord de Paris

« Je suis sûr qu'il comprendra toute l'importance, la gravité et l'urgence » de ce dossier, a-t-il affirmé vendredi. M. Ban souhaite rencontrer le président élu avant de quitter son poste fin décembre.

Le secrétaire général a tenu ces propos alors que se déroule, à Marrakech jusqu'au 18 novembre, la 22e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, la COP22.

Cette conférence vise à mettre en œuvre l'accord de Paris, conclu en décembre 2015, avec un mécanisme qui permettra de s'assurer que les pays respectent leurs engagements, c'est-à-dire les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) que ces pays se sont fixées.

Aussi préoccupé que le secrétaire de l'ONU  par l'élection de Donald Trump à la présidence américaine, le ministre des Affaires étrangères du Maroc et président de la conférence, Salaheddine Mezouar, a déclaré qu'« il n'y aura pas de retour en arrière. »

« La question climatique est une question qui interpelle le monde entier, c'est notre Terre qui est concernée et menacée », a rappelé le chef de la diplomatie marocaine.

Pendant la campagne électorale américaine, Donald Trump a nié le rôle de l'être humain dans le changement climatique et a dit ne pas vouloir respecter l'accord de Paris.

Comme M. Trump entrera en fonction le 20 janvier prochain, c'est l'actuel président Barack Obama, ou le vice-président, Joe Biden, qui se rendra à la conférence.

Une soixantaine de chefs d'État sont attendus mardi prochain à Marrakech et Salaheddine Mezouar a assuré que « beaucoup d'États vont annoncer l'augmentation de leur ambition la semaine prochaine. »

Une douzaine de ministres (France, Allemagne, Maroc, Norvège, Suède, Bangladesh, Gambie, etc.), ainsi que le commissaire européen à l'Énergie et au Climat, Miguel Arias Canete, et le porte-parole du groupe des pays les moins avancés, Tosi Mpanu-Mpanu, ont réaffirmé vendredi vouloir renforcer l'action de tous pour limiter les dérèglements climatiques.

« Notre détermination à faire preuve de leadership pour le climat est inébranlable, de même que notre engagement à travailler avec toute la communauté internationale, y compris les États-Unis, pour faire face à l'un des plus grands défis de notre époque », ont-ils écrit.

Sur les 196 pays membres de la Convention de l'ONU sur le climat, 105, responsables de plus de 70 % des émissions, ont ratifié l'accord.

Se retirer de l'Accord

Le président élu Donald Trump disposerait toutefois de quelques mécanismes pour retirer les États-Unis de leur engagement.

L'article 28 de l'accord de Paris prévoit que tout pays qui souhaite le dénoncer doit attendre quatre ans après son entrée en vigueur. En théorie, un retrait est impossible avant le 4 novembre 2020.

Mais selon certains juristes spécialisés, le président américain pourrait vraisemblablement annuler l'engagement des États-Unis d'ici un an.

Ces experts croient que Donald Trump peut accélérer le processus de retrait en dénonçant la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (signée par George Bush et approuvée par le Sénat américain en 1992). Cela équivaudrait à annuler la ratification américaine de l'accord de Paris.

Donald Trump pourrait aussi mettre en oeuvre le retrait immédiat de l'accord si la Chambre des représentants et le Sénat adoptaient un texte lui demandant de le faire. La Cour suprême américaine valide généralement les textes de loi américains lorsqu'ils entrent en conflit avec des textes internationaux.